Bien nourrir ses poules

Les volailles règlent en grande partie leur consommation d'aliment de façon à couvrir leurs dépenses énergétiques. La quantité d'aliment consommée est donc fonction de sa concentration énergétique ou autrement dit, plus l'alimentation donnée est énergétique moins la poule en consommera et inversement.

 

Un extrait de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gallus_gallus_domesticus

Alimentation

Le maïs est un aliment de base pour les poules.

Une poule pondeuse adulte mange entre 100 et 150 grammes de provende par jour soit environ 45 kg/an4, en sachant qu'elle mange plus en hiver qu'en été pour résister au froid, et que les besoins augmentent aussi pendant la période de mue. Lorsque les poules mangent moins à cause de la chaleur, il est conseillé de leur donner des aliments plus concentrés pour qu'elles aient un apport suffisant en éléments nutritifs malgré la diminution de leur consommation.

Idéalement, les volailles doivent avoir libre accès à la nourriture et à l'eau et peuvent en consommer autant qu’elles le désirent. En général, elles se contentent de la quantité nécessaire à la satisfaction de leurs besoins nutritifs. À défaut, deux repas par jour sont recommandés5.

L'oiseau est omnivore. Son alimentation varie selon qu'il s'agit d'un jeune poulet en croissance (plus de protéines), d'une poule pondeuse industrielle (plus de calcaire) ou d'un reproducteur mais elle se compose généralement de :

  • 65 % de glucides provenant de céréales en grains. Idéalement un mélange de maïs et de blé mais sont aussi possibles : millet (jusqu’à 45 %), son de blé, riz, orge (jusqu’à 15 %), seigle, avoine (jusqu’à 10 %, l'avoine favorise la couvaison). Toutes ces graines peuvent être germées pour améliorer leurs qualités nutritives. Il est à noter que les graines de sorgho ont des propriétés antinutritionnelles: les tanins qu’elles renferment inhibent la ponte des poules pondeuses. Dès que l’on dépasse 2% de sorgho dans l’alimentation des poules pondeuses, le taux de ponte journalier chute.
  • 20 % de protéines pouvant provenir de protéagineux : tourteaux de soja (jusqu’à 30 %), pois, lupin (jusqu’à 10 %), lentilles. Les céréales contiennent déjà 10 à 15% de protéines mais si on ne fournit pas d'aliments riches en protéines la poule va surconsommer les céréales pour atteindre sa ration de protéines (et donc consommer trop de sucre). Les protéines contiennent des acides aminés essentiels (méthionine, lysine, carnitine, cystine) qu'il est important d'apporter par la nourriture car la poule ne peut les fabriquer. Pour les poules de plein air, les protéines peuvent être apportées par la consommation d'insectes et d'invertébrés du sol : vers, limaces, escargots.
  • divers minéraux (calcium, phosphore, chlorure de sodium, potassium, soufre) et oligo-éléments (fer, iode, cuivre, vitamines) :
    • le calcium qui a une grande importance dans le processus de fabrication de la coquille des œufs (environ 4 grammes de calcium par jour est nécessaire pour la formation de la coquille). Il peut être ajouté sous forme de pierre de chaux, de produits transformés comme le phosphate bicalcique, de coquilles d’huîtres ou autres mollusques. On peut aussi utiliser des coquilles d’œufs à condition de les piler finement puis les mélanger au blé ou au maïs pour éviter que les poules ne prennent l'habitude de manger leurs œufs. Les volailles en croissance ont besoin de 0,9 % de calcium dans leur aliment alors que les poules en ponte ont besoin de 3-4 % de calcium.
    • Le soufre présent dans la moutarde et le colza, est indispensable aux poules pondeuses.

Les minéraux peuvent être fournis de façon précise sous forme de granulés disponibles dans le commerce ou sous forme plus aléatoire à partir de divers fruits, légumes, feuilles et graines d'herbacées tels que : sarrasin, oseille, navets, salades, choux, épinards, orties, topinambours, betterave, pomme de terre, sarclages des jardins,

  • petits cailloux (grit) qui servent au broyage des aliments dans le gésier après avoir été imbibé de mucus dans le jabot.
  • et de l'eau propre.
  • Pour les poussins et les jeunes poulets, on donne un supplément de phosphore et de calcium sous forme de farine d’os ou de poudre d’os cuite à la vapeur.

NB : L'apport de graines de lin à l'alimentation des poules permet d'augmenter la teneur en oméga 3 des œufs.

Attention, l'excès de sel est dangereux pour les volailles. Il faut donc veiller à ne pas leur donner trop de restes de fromages, charcuteries et autres aliments salés.

On peut également préparer des pâtées. Ainsi le poulet de Bresse (seul poulet AOC) est nourri pendant ses deux dernières semaines uniquement de farine de maïs blanc délayé dans du lait et il est abreuvé au lait et petit lait, ce qui contribue à l'engraisser et lui donner une chair blanche.

 

Les aviculteurs considèrent qu'il faut 4 kg de céréales pour produire 1 kg de poulet6.

 

Les céréales

 

Une céréale est une plante cultivée en premier lieu pour ses graines qui sont utilisées dans l'alimentation de l'homme et des animaux domestiques.

 

LE BLE

Aujourd'hui graminée de base de l'alimentation des volailles, le blé n'était autrefois qu'un complément à la nourriture que les poules trouvaient dans les cours de fermes et champs alentours.

Cela signifie qu'il ne doit pas être donné en nourriture unique au risque de provoquer des carences.

Le blé est énergétique et assez riche en protéines. Il peut constituer la moitié des rations.

 

LE MAÏS

C'est l'aliment numéro 2, énergétique mais faible en protéines. on peut aller jusqu'à 50% des rations mais 25% semble correct. Un peu plus en hiver qu'en été.

Un excès de maïs engraisse exagérément les volailles et peut leur être néfaste. Il diminue aussi la ponte.

 

L'AVOINE

Connue pour activer la ponte mais qualifiée d’anti nutritionnelle, elle doit être donnée en faible quantité. Peu distribuée en hiver et pas pour les jeunes volailles.

 

L'ORGE

Comparable au maïs qu'il tend à remplacer pour des raisons environnementales, en particulier il est moins exigeant en eau. Plus difficile a faire accepter en grains entiers que broyés.

 

LE TOURNESOL

Oléagineux riche en acide gras essentiels, vitamines et minéraux, très utile en petite quantité (autour de 5%) en période de mue en hiver. Le tournesol est réputé donner un beau plumage.

 

D'autres graines peuvent compléter le menu : lin, millet, riz (cuit), dari, ..

Le sarrasin peut aussi être utilisé. C'est une pseudo-céréale de la famille des Polygonacées, les céréales classiques étant des Graminées, précisément Poacées. Ses qualités sont comparables à celles du maïs quoique légèrement moins nutritif. Le sarrasin n'est pas exigeant en culture et ne nécessite que très peu d'intrants (eau, engrais, pesticides).

 

Exemple de mélange broyé :

blé 50%

maïs 25%

avoine 5%

orge 5%

tournesol 5%

luzerne déshydratée 5%.

pois 5%

 

Un mélange contenant de l'avoine pourra convenir pour améliorer la ponte, sauf en hiver. Pour les jeunes et/ou les volailles non spécialement destinés à la ponte, on élimine cette  céréale.

Ajout de CMV (Compléments Minéraux Vitaminés)* selon proportions conseillées sur l'étiquette : +/- 5%. En lien avec le parcours, s'il est vaste et enherbé les CMV sont moins nécessaires qu'en parcours plus restreint.

 



Les aliments en miettes ou granulés

 

Rien n'interdit de les utiliser s'ils sont de bonne qualité voire "bio", qui excluent les OGM et additifs malsains.

Un bon compromis est d'en avoir quelques sacs qui peuvent dépanner ou complémenter une alimentation de base trop peu variée

Quelques magasins en proposent d'assez bonne qualité, certaines marques ne fonctionnent que par livraison chez les agriculteurs et éleveurs. Vous pouvez vous renseigner si un distributeur passe dans votre secteur.

 

DECHIFFRAGE D'UNE ETIQUETTE     

GRAINES DE SOJA EXTRUDEES

Graines de soja ayant subit un traitement thermique court pour abaisser la teneur en facteurs anti-nutritionnels, permettant ainsi une meilleure assimilation des protéines, vitamines,.. qu'elles contiennent.

 

TOURTEAUX

Résidus des grains après extraction de l'huile (soja, colza, tournesol) ayant une forte concentration en protéine (soja : 45%, colza : 35%, tournesol : 28%)

 

LEVURE DE BIERE

Elle favorise le développement et le maintien d'une flore intestinale de qualité. Riche en vitamines du groupe B, elle a un effet bénéfique sur le système nerveux et le système immunitaire ainsi que sur la qualité et la brillance du plumage.

 

PROTEINES DE POMME DE TERRE

Très intéressante pour les volailles de par leur teneur importante en lysine et méthionine, 2 acides aminés indispensables pour le développement et la ponte.

 

GLUTEN DE MAÏS

Permet d'intensifier la couleur du jaune de l’œuf. (ici la diversité alimentaire élimine les risques liés à l'excès de gluten).

 

BOUCHONS DE LUZERNE

Luzerne déshydratée, riche en protéines et en pigments type carotène. les œufs sont d'un jaune plus orangé et ont un taux plus élevé en oméga 3. Les bouchons de luzerne améliorent aussi la prise de masse des volailles.

 

FEVEROLE

Légumineuse de culture aisée dans nos régions, elle est une bonne alternative au soja dont la culture réclame des températures plus élevées et est susceptible d'être génétiquement modifié. La féverole est particulièrement riche en protéines.

 

POUR LE RESTE

Il s'agit de minéraux indispensables

- le calcium, stocké dans le squelette qu'il contribue grandement à édifier et nécessaire à la fabrication de la coquille d’œuf.

- le phosphore, allié du calcium pour la constitution des os

- le sodium assure le maintien de l'équilibre hydrique des volailles et a un rôle important dans la relation système nerveux / système musculaire (cohérence mouvement, déplacement, ..). L’excès est aussi néfaste, voir plus, que le manque (éviter par exemple les pâtées trop salées).

 

- les oligo-éléments